Ca se passe au petit déjeuner.
L'ado probablement encore mal réveillé regarde par la fenêtre le lever du soleil.
Il faut dire qu'on ne peut pas le louper: la cuisine est devenue rose en un instant, et dehors, les arbres du jardin se découpent , noirs sur le ciel encore bleu marine, tandis que l'horizon en quelques secondes est devenu rose, puis rouge. C'est splendide. C'est vrai. Et cela fait déjà trois minutes au moins que je m'extasie .
L'ado probablement mal réveillé donc, consent à lever les yeux vers le spectacle, et voilà qu'il se lève et s'approche de la fenêtre, un cri lui échappe : " whaou !!!! c'est trop beau, ce ciel rose. " ( il ne pense même pas à contrefaire ma voix et mon ton ... C'est dire ! )
Heureusement, il se rappelle juste à temps qu'il est en partance pour le collège ce qui lui permet de corriger le tir de la spontanéité : " On dirait qu'une licorne à paillettes va sortir du décor. Trop la classe non? "
Il se retourne pour mesurer l'effet de ses paroles .
Le rire sarcastique de son jeune frère le rassure, il a évité le faux pas qui aurait ruiné en moins de deux sa réputation d'ado rebelle.
Une licorne au petit déjeuner ...
les pingouineaux
06 mars 2018
01 mars 2018
Celle qui parle pour ne rien dire
C'est comme courir, ou nager. Chaque fois que j'y vais - une fois par an - ou deux - je me dis que ça y est, je tiens un truc. J'ai trouvé l'horaire qui va bien, et qui ira bien chaque semaine - et ça c'est bien plus compliqué que d'aligner les planètes par la simple force de la volonté croyez-moi - et que je me sens tellement bien après ( parce que pendant ... ) que ça vaut le coup de se bouger un peu .
Sauf que la semaine suivante il y a un truc, et celle d'après un autre . En vrai je crois que c'est juste parce que j'ai une flemme immense - et tout un tas d'autres envies bien plus faciles à satisfaire ( qui ne nécessitent pas de se changer/ se mouiller/ transpirer/ ressortir/ se doucher/ se rechanger ) ; et que les habitudes ne se changent pas en claquant des doigts. Surtout les mauvaises , comme par hasard, parce que bizarrement les bonnes, on les perd dès qu'on tourne le dos . Enfin moi je fais ça très bien.
Venir par ici, c'est pareil ( sauf que je n'ai pas besoin de prendre une douche après, ni de me changer). Je me dis que c'est trop bien, et que je devrais le faire plus souvent . Et puis j'oublie .
Et le temps passe, et j'y pense, et le temps passe encore.
Alors que tout de même, il y aurait de quoi dire ... et quand bien même, je sais très bien parler pour ne rien dire. La preuve.
Mais je vais exploser le score de 2017 ... un article par mois . Ca peut le faire non?
Sauf que la semaine suivante il y a un truc, et celle d'après un autre . En vrai je crois que c'est juste parce que j'ai une flemme immense - et tout un tas d'autres envies bien plus faciles à satisfaire ( qui ne nécessitent pas de se changer/ se mouiller/ transpirer/ ressortir/ se doucher/ se rechanger ) ; et que les habitudes ne se changent pas en claquant des doigts. Surtout les mauvaises , comme par hasard, parce que bizarrement les bonnes, on les perd dès qu'on tourne le dos . Enfin moi je fais ça très bien.
Venir par ici, c'est pareil ( sauf que je n'ai pas besoin de prendre une douche après, ni de me changer). Je me dis que c'est trop bien, et que je devrais le faire plus souvent . Et puis j'oublie .
Et le temps passe, et j'y pense, et le temps passe encore.
Alors que tout de même, il y aurait de quoi dire ... et quand bien même, je sais très bien parler pour ne rien dire. La preuve.
Mais je vais exploser le score de 2017 ... un article par mois . Ca peut le faire non?
10 février 2018
C'était mieux avant ...
Puisque j'ai avoué il y a quelques jours ( enfin la dernière fois ... le temps file ma bonne dame) avoir péché par autosatisfaction, je dois bien confesser cette vérité encore : je radote ... C'est fou le nombre d'article que j'ai écrits en chouinant ( je ne mets pas les liens c'est un sur deux en moyenne) parce que j'écrivais mieux AVANT , que j'avais plus de temps AVANT , que j'étais mieux organisée.AVANT ..
AVANT QUOI ?
Il faut croire que c'est une sorte de cycle.
Un évènement bouleverse notre organisation quotidienne - au hasard un enfant - et il me faut revoir le planning des repas, des courses, des conduites, des lessives, ajouter un caddie ... et puis nous finissons par retrouver un équilibre.
Les caddies se succèdent, les activités s'empilent, et doucement un bras supplémentaire semble me pousser - je vous ai déjà dit que ma maman aime à dire que la fonction crée l'organe - en gros quand t'as un gosse, t'as les bras qui te poussent avec pour que tu puisses tout faire.
Je suis Vishnu - manchot le Vishnu -
Le temps que le nouvel arrivé fasse sa place, je retrouve un équilibre.
Mais il y a toujours, juste avant que tout ne roule, ce moment où il me semble que je suis devenue tellement incapable que ça me réveille la nuit et fatalement je me retourne en arrière et je compare... et , naturellement, je me dis que C'ETAIT MIEUX AVANT .
J'étais plus drôle, plus intelligente, plus efficace, plus intelligente, plus jolie, mieux organisée, plus intelligente aussi.
Quand nous avons déménagé, notre dernier arrivant avait 7 ans, j'avais un mi-temps, le collégien était devenu un lycéen interne et épanoui, la princesse et le moyen étaient devenus des collégiens épanouis.
Tout le monde savait mettre ses chaussettes et tartiner son pain tout seul le matin.
Bref,
ça roulait.
Et nous avons tout changé .
TOUT CHANGE
j'ai arrêté de travailler, puis j'ai travaillé ici, et ensuite là, à mi-temps, pis à temps complet, le lycéen est parti .
Depuis trois ans ... le vent a soufflé , la houle a secoué le navire, j'ai tangué , je me suis tue, je me suis relue et je me suis tue encore plus fort.
j'ai dit: " j'étais mieux avant.
plus efficace, plus jolie, mieux organisée, plus intelligente , plus drôle ... et peut -être même ai-je été intelligente ET drôle en même temps.
Bonne maman m'avait pourtant bien prévenue, "Ne te compare pas, me disait elle, et surtout pas à toi même en différentes époques de ta vie ".
je n'imaginais pas à l'époque à quel point elle pouvait avoir raison !!!
Il était donc urgent que je décide de regarder aujourd'hui, comme si on était dans dix ans .
C'est une petite gymnastique intellectuelle assez simple et pas du tout chronophage : cela consiste à se lamenter un loooonnnnng moment , histoire de bien s'imprégnier de la vérité vraie " chuis'nulle".Ensuite on se replonge dans les archives de Mathusalem : quand j'étais enceinte, quand on n'avait que deux enfants, quand les garçons étaient si mignons ....
et on se dit" j'ai écrit ça ? j'ai fait ça? Moi? MOI ????
En fait, elle avait raison Bonne -Maman, on devrait commencer la vie par la fin !
d'ailleurs plutôt que publier un nouvel article génial pour son anniversaire, je n'ai qu'à reposter ici même quelques vieilleries ...
Je ne retrancherai pas un mot de ce que j'ai écrit pour ses dix ans ...
ni de ceux-ci
Oui, cet article traîne dans mes archives depuis quinze jours.
Mais ne vaut-il pas mieux tard que jamais?
Et d'ailleurs, je pense que je viens en un mois de pulvériser mon score de 2017 .
Pari tenu donc.
21 janvier 2018
Ou cours-je ? Ou vais-je ... tout ça ...
Voilà, je viens de passer mon week-end à faire un truc super ( ou complètement stupide ) selon le point de vue adopté .
Super pour les partisanes du " T'es une MamanProfàPleinTempsetPleindEnfants " faut absooooooluuuuument que tu prennes soin de toi Machérie". J'adore. Grmfff
Complètement stupide si on se place du point de vue de la montagne de trucs à faire qui sont toujourà faire à l'heure où j'écris ces lignes.
Bref, une fois n'est pas coutume, j'ai zoné sur internet, mais pas n'importe lequel d'internet , hein, j'ai zoné sur mon propre Blog - dix ans d'archives, j'avais de quoi faire, faut dire. C'est un truc qui m'arrive quand je reviens par ici, c'est un peu comme si je redécouvrais à chaque fois notre propre histoire . C'est un peu ConCon, j'en conviens . Et j'ai perdu quelques heures (euphémisme) ... Enfin perdu je ne sais pas, je me suis auto-admirée aussi un peu . C'est drôle de relire tous ces trucs dix ans après et de voir le chemin parcouru! Je me suis dit "Put'n ( oui je suis assez grossière dans la vraie vie) j'en faisais des trucs à l'époque ! Et je trouvais même le temps de traîner mes guêtres sur le blog. Vivre à 200 à l'heure et l'écrire ! J'ai frôlé ( mais juste frôlé, hein) la wondermum' ... enfin si je compare à aujourd'hui . "
Parce qu'aujourd'hui mes petits ont bien grandi, ils ne me prennent plus autant de temps - et refusent que je parle d'eux ici - et je travaille à deux minutes de la maison. D'ailleurs, ici tout est à deux minutes en vélo... j'ai donc raccroché pas mal de casquettes : les couches, le taxi, les histoires du soir, les câlins, la gestion de conflit, les réveils nocturnes , tous ces trucs qui te prennent plein de temps quand les nains font encore moins d'un mètre.
Et pourtant je n'ai pas plus de temps.
J'en ai plutôt moins.
Alors que je m'ouvrais de ça au pingouin en chef, il a eu cette réponse admirable : "Ben c'était avant instabook et snapgram les résaux sociaux pourris où tu perds ton temps et tu mets des photos pourrites et pas de texte ".
Bêtement, j'ai répondu que publier un texte ici me prenait au moins deux heures, alors que ma photo moche sur insta me prend dix secondes.
"Ouais, que tu crois ! Il m'a répondu ... Ensuite tu checkes tous tes abonnements, tu jaimes et pis tout le reste ... j'te jure, t'y passes plein de temps - là j'ai été un peu vexée, j'avoue , d'avoir été démasquée , parce que c'est même pas vrai. - Avec le blog, t'écrivais deux heures, une ou deux fois par semaine et puis basta ... Et puis au moins il y avait du texte avec les photos, c'était du contenu, du vrai; on avait une trace de nous, et puis tes textes ils étaient intelligents et drôles (je ne sais plus très bien s'il a vraiment dit intelligents et drôles ) .
- Et bien écrits ? j'ai demandé . "
Il a dit " Oui, bien écrits aussi ! Depuis le temps que je te le dis ! Tu m'écoutes jamais . "
Comme souvent, il a raison cet homme et pour une fois, je crois que je vais l'écouter un peu et quitte à zoner sur internet quand mon cerveau n'est plus bon à rien d'autre, autant venir par ici, et abandonner un peu le reste . Au moins je sauverai quelques uns de mes neurones du massacre internétique. Et peut-être, s'il a vraiment raison, vais-je retrouver du temps ...
Là vous vous dites : Quoi ? ressuscitation du blog?
Mais en vrai, je suis comme ma toute petite nièce sur cette image : au bord de l'eau immense, et je vais marcher là où mon ballon me mènera .
On verra bien donc, si l'envie et le goût me reviennent assez pour que je trouve le temps .
18 janvier 2018
Charge mentale
Toute seule dans sa cuisine, elle hurle - SA cuisine - Bien sûr, ils sont prêts à s'arracher les yeux pour la propriété d'une paire de chaussettes rayées bleue et blanc - ah non, blanc et bleu - Pardon. Mais LA cuisine, personne ne la lui dispute. C'est la sienne . Un point c'est tout.
C'est sans doute pour ça que toute seule dans SA cuisine, elle hurle qu'elle en a plus qu'assez que 19h30 soit justement l'heure du foot, des jeux, de la lecture, de l'ordi, parfois celle de la musique ou des devoirs; mais JAMAIS, non JAMAIS celle de la douche, ni des services, ni celle du repas .
Oui, c'est pour ça qu'elle hurle.
Elle hurle qu'elle n'est pas leur bonne.
Que si ça continue comme ça, ils verront bien, et qu'elle va vraiment la faire cette grève, et qu'ils mourront de faim, ou pire encore, elle va se mettre à cuisiner des graines . Ca oui, il vont voir ce qu'ils vont voir . Cette fois ! Au début, comme toujours, ils écoutent d'une oreille, ça fait tellement longtemps qu'elle les menace du pire et que finalement les graines ils les mangent en salade ou parsemées sur les cookies du goûter.
Mais ce soir là, ça dure , et puis elle hurle vraiment.
Alors ils viennent.
Pour ne plus l'entendre.
Un peu coupables, mais surtout très énervés d'avoir été interrompus.
Et comme toujours, quand ils se sentent pris en défaut, ils sont désagréables. Et ils se mettent à compter . Il y a celui qui vide toujours le lave-vaisselle, celui qui a mis la table - il ne sait plus trop quand, mais il l'a fait c'est sûr ! Celle qui ne veut pas être l'esclave des autres car elle est la seule fille, Celui qui voudrait bien aider mais qui ne sait pas où ça se range...
Elle se renfrogne encore plus et c'est le moment qu'Il choisit pour rappeler que les repas se doivent d'être pris dans la bonne humeur, et qu'il revient à chacun de prendre surelle lui pour faire de ce moment un temps de convivialité. Lui il rentre d'une journée fatigante et il a besoin de se ressourcer. On règlerait cela plus tard.
D'habitude, elle cède : il a raison, la colère se dissout toujours doucement dans les mets qu'elle a préparés, et dans le babil joyeux de ceux qui, une fois apaisés, racontent leur journée, on oublie les cris,on oublie les comptes.
Mais ce soir elle ne peut pas. Le flot de la colère qui s'est déversé sur elle tout à l'heure n'a cessé de grossir. A présent il la submerge, c'est une vague immense et elle suffoque, prise dans son tourbillon. Elle peine à retrouver la surface, alors elle crie de plus belle pour ne pas se noyer.
Elle se renfrogne encore plus et c'est le moment qu'Il choisit pour rappeler que les repas se doivent d'être pris dans la bonne humeur, et qu'il revient à chacun de prendre sur
D'habitude, elle cède : il a raison, la colère se dissout toujours doucement dans les mets qu'elle a préparés, et dans le babil joyeux de ceux qui, une fois apaisés, racontent leur journée, on oublie les cris,on oublie les comptes.
Mais ce soir elle ne peut pas. Le flot de la colère qui s'est déversé sur elle tout à l'heure n'a cessé de grossir. A présent il la submerge, c'est une vague immense et elle suffoque, prise dans son tourbillon. Elle peine à retrouver la surface, alors elle crie de plus belle pour ne pas se noyer.
Le job elle l'a fait.
Qui leur sert trois délicieux repas par jour?
Qui dépose, récupère, emmène, veille à l'heure?
Qui connaît les profs, le médecin, la directrice?
Qui sait où sont l'école, le lycée, le collège, le conservatoire, la salle de sport?
Qui connaît par coeur les horaires, la durée des trajets, la longueur des feux?
Qui orchestre jour après jour le ballet familial au soupir près sans jamais rien demander?
Sans jamais râler?
Sans jamais se plaindre?
Sans fausse note?
Furieuse, elle s'approche du plus jeune et tend la main pour l'obliger à entendre ses doléances juqu'à la lie. Terrorrisé par cette maman qu'il ne reconnaît plus, il se protège le visage de ses bras.
Ce simple geste ouvre une brèche dans la forteresse de sa fureur , et elle sent une brise légère dans les ténèbres de sa tempête intérieure, comme un signe, infime. Mais elle le reconnaît ce fil doré , c'est celui qui aide à quitter le labyrinthe.
Elle s'y accroche.
Elle regarde la terreur et l'incompréhension dans les yeux de son tout petit.
Elle lit la même interrogation sur les visages des grands ...
Elle les a tellement menacés de qui pourrait arriver le JourDeLaGrandeCrise .
Ils croient peut-etre que c'est aujourd'hui.
Qu'elle est folle.
Elle s'accroche au fil.
Sa colère peu à peu cède à la culpabilité d'avoir laissé paraître ainsi sa lassitude et sa frustration, de s' y être laissée aller, de s'être écoutée.
Ce n'est que quelques semaines plus tard qu'elle reviendra sur cet évènement qui lui a laissé dans le coeur comme un petit trou. Elle le sait car depuis elle peine à reprendre son souffle.
Ce n'est que quelques semaines plus tard qu'elle décidera de commencer chaque journée par se reposer. Une demie heure. Un moment de vide qu'elle s'offre, assise sur sa petite chaise, dans la fraîcheur de la maison encore endormie au petit matin. Et pendant qu' elle laisse son esprit vagabonder à sa guise, il lui semble que la journée s'organise d'elle même, que le temps se dilate à la mesure de ce dont elle a besoin désormais pour reprendre son souffle et bien démarrer la journée.
Il va de soi que ce texte est une pure fiction - universelle la fiction - et que toute ressemblance avec des personnes connues serait purement fortuite. D'ailleurs, tout le monde sait bien que sur la banquise les enfants mangent à la cantine, et que le soir, ils sont tout disposés à rendre service à leurs parents adorés .
Bon d'accord, à " sans râler" , " sans se plaindre" vous saviez déja que ce ne pouvait être de moi dont il était question.
C'est vrai.
Et puis d'abord, je ne parle pas encore de moi à la troisième personne - ça viendra peut-être.
J'avais écrit ce texte il y a très longtemps, je ne sais plus très bien pourquoi, et je l'ai retrouvé il y a quelques jours. Je me suis dit alors que si ma vie avait peut-être ressemblé à ça un jour, ce temps était révolu , et que j'avais bien de la chance. Non que nos enfants soient désormais toujours Gentils, Polis, Serviables, mais j'ai je crois de meilleures lunettes , et je sais à présent qu'un jour tous les poussins auront quitté le nid et qu'alors je regretterai les soirs où, dans la bousculade, il m'aura fallu préparer seule, un repas pour 6 ou 7 tandis que la marmaille profitait d'une pause canap' bien mérité après une harrassante journée de collège ... Je le regrettrai, ou pas . Je n'ai jamais regretté le temps des couches et des nuits hachées et des enfants qu'il faut habiller le matin. Même si j'ai adoré cette période, en vrai.
Pour 2018 , je vous souhaite de prendre le temps dont vous avez besoin pour changer vos lunettes, et choisir celles qui orientent le regard vers ce qui est beau et bon.
Qui leur sert trois délicieux repas par jour?
Qui dépose, récupère, emmène, veille à l'heure?
Qui connaît les profs, le médecin, la directrice?
Qui sait où sont l'école, le lycée, le collège, le conservatoire, la salle de sport?
Qui connaît par coeur les horaires, la durée des trajets, la longueur des feux?
Qui orchestre jour après jour le ballet familial au soupir près sans jamais rien demander?
Sans jamais râler?
Sans jamais se plaindre?
Sans fausse note?
QUI ??????
Elle crie tellement fort à présent qu'ils se bouchent les oreilles pour ne plus l'entendre.Furieuse, elle s'approche du plus jeune et tend la main pour l'obliger à entendre ses doléances juqu'à la lie. Terrorrisé par cette maman qu'il ne reconnaît plus, il se protège le visage de ses bras.
Ce simple geste ouvre une brèche dans la forteresse de sa fureur , et elle sent une brise légère dans les ténèbres de sa tempête intérieure, comme un signe, infime. Mais elle le reconnaît ce fil doré , c'est celui qui aide à quitter le labyrinthe.
Elle s'y accroche.
Elle regarde la terreur et l'incompréhension dans les yeux de son tout petit.
Elle lit la même interrogation sur les visages des grands ...
Elle les a tellement menacés de qui pourrait arriver le JourDeLaGrandeCrise .
Ils croient peut-etre que c'est aujourd'hui.
Qu'elle est folle.
Elle s'accroche au fil.
Sa colère peu à peu cède à la culpabilité d'avoir laissé paraître ainsi sa lassitude et sa frustration, de s' y être laissée aller, de s'être écoutée.
Ce n'est que quelques semaines plus tard qu'elle reviendra sur cet évènement qui lui a laissé dans le coeur comme un petit trou. Elle le sait car depuis elle peine à reprendre son souffle.
Ce n'est que quelques semaines plus tard qu'elle décidera de commencer chaque journée par se reposer. Une demie heure. Un moment de vide qu'elle s'offre, assise sur sa petite chaise, dans la fraîcheur de la maison encore endormie au petit matin. Et pendant qu' elle laisse son esprit vagabonder à sa guise, il lui semble que la journée s'organise d'elle même, que le temps se dilate à la mesure de ce dont elle a besoin désormais pour reprendre son souffle et bien démarrer la journée.
Il va de soi que ce texte est une pure fiction - universelle la fiction - et que toute ressemblance avec des personnes connues serait purement fortuite. D'ailleurs, tout le monde sait bien que sur la banquise les enfants mangent à la cantine, et que le soir, ils sont tout disposés à rendre service à leurs parents adorés .
Bon d'accord, à " sans râler" , " sans se plaindre" vous saviez déja que ce ne pouvait être de moi dont il était question.
C'est vrai.
Et puis d'abord, je ne parle pas encore de moi à la troisième personne - ça viendra peut-être.
J'avais écrit ce texte il y a très longtemps, je ne sais plus très bien pourquoi, et je l'ai retrouvé il y a quelques jours. Je me suis dit alors que si ma vie avait peut-être ressemblé à ça un jour, ce temps était révolu , et que j'avais bien de la chance. Non que nos enfants soient désormais toujours Gentils, Polis, Serviables, mais j'ai je crois de meilleures lunettes , et je sais à présent qu'un jour tous les poussins auront quitté le nid et qu'alors je regretterai les soirs où, dans la bousculade, il m'aura fallu préparer seule, un repas pour 6 ou 7 tandis que la marmaille profitait d'une pause canap' bien mérité après une harrassante journée de collège ... Je le regrettrai, ou pas . Je n'ai jamais regretté le temps des couches et des nuits hachées et des enfants qu'il faut habiller le matin. Même si j'ai adoré cette période, en vrai.
Pour 2018 , je vous souhaite de prendre le temps dont vous avez besoin pour changer vos lunettes, et choisir celles qui orientent le regard vers ce qui est beau et bon.
17 janvier 2018
La roue tourne
La roue tourne et entre ses rayons se glisse le petit ton doux amer qu'on a quand il nous semble que la Vie enfin, nous fait justice. La roue tourne pour les autres, et enfin, la chance semble les déserter . La roue tourne, et peut-être que maintenant c'est à moi que la Vie va sourire ?
La roue tourne sur la banquise et je n'ai aucune raison de glisser de tels sous entendus.
La Vie va et nous nous efforçons de suivre son rythme, à moins que ce ne soit elle qui s'essouffle à tenter de nous suivre.
La roue tourne sur la banquise et elle nous emporte dans sa course lente mais inexorable. Fatalement, tout en haut, j'ai le vertige et je crie pour qu'on s'arrête. Mais pas là. Pas suspendus entre le ciel et la terre. Non on s'arrêtera tout à l'heure, en bas.
Et puis voilà, on est tout à l'heure, en bas .
La roue a ralenti sa course folle, la terre s'est rappochée du ciel et le vertige m'a délaissée. J'ai oublié ma peur et je me laisse emporter de nouveau vers le ciel.
Tout à l'heure, la distance à parcourir entre mes rêves de WonderBobonne et ma vraie vie de MamanProf me paraîtra infranchissable et je voudrai que tout s'arrête. Je crierai de nouveau, et je voudrai redescendre.
La roue tourne sur la banquise.
On va, on vient et on oublie parfois qu'on peut descendre quand la roue ralentit et qu'il nous semble que le ciel et la terre peuvent se rejoindre.
On est tout à l'heure, en bas. Et cette fois je suis descendue en marche .
Et je vois .
Les miettes de pain de ce matin sur la table.
Et pourtant le souvenir du Ciel me garde de m'emporter.
Et j'entends.
Les frères qui se disputent pour des queues de cerise, ou moins encore.
Mais le souvenir du Ciel me garde d'en conclure que c'est une stratégie pour se replier dans sa tour à l'heure des services.
Je ressens.
La lassitude de celui qui au terme d'une longue journée sans pause se souvient, et ne cède pas à la flemme du petit qui négocie âprement sa leçon de clarinette, préférant remettre à plus tard ce qu'il doit faire maintenant.
Dans les replis du quotidien, je devine l'Ennemi sournois qui rôde, le Découragement .
Pourtant, TOUJOURS et JAMAIS ne seront pas prononcés. Pas ce soir
Nos visages ne se fermeront pas et peut-être même arriverons nous à sourire de la Vie qui va. ici comme partout ailleurs .
Nous remonterons dans la grande roue plus sereins de ces orages évités et près pour toucher le ciel avec nos doigts en criant un peu parceque ça fait peur quand même si on regarde en bas quand on est au sommet de la course.
La roue tourne sur la banquise et je n'ai aucune raison de glisser de tels sous entendus.
La Vie va et nous nous efforçons de suivre son rythme, à moins que ce ne soit elle qui s'essouffle à tenter de nous suivre.
La roue tourne sur la banquise et elle nous emporte dans sa course lente mais inexorable. Fatalement, tout en haut, j'ai le vertige et je crie pour qu'on s'arrête. Mais pas là. Pas suspendus entre le ciel et la terre. Non on s'arrêtera tout à l'heure, en bas.
Et puis voilà, on est tout à l'heure, en bas .
La roue a ralenti sa course folle, la terre s'est rappochée du ciel et le vertige m'a délaissée. J'ai oublié ma peur et je me laisse emporter de nouveau vers le ciel.
Tout à l'heure, la distance à parcourir entre mes rêves de WonderBobonne et ma vraie vie de MamanProf me paraîtra infranchissable et je voudrai que tout s'arrête. Je crierai de nouveau, et je voudrai redescendre.
La roue tourne sur la banquise.
On va, on vient et on oublie parfois qu'on peut descendre quand la roue ralentit et qu'il nous semble que le ciel et la terre peuvent se rejoindre.
On est tout à l'heure, en bas. Et cette fois je suis descendue en marche .
Et je vois .
Les miettes de pain de ce matin sur la table.
Et pourtant le souvenir du Ciel me garde de m'emporter.
Et j'entends.
Les frères qui se disputent pour des queues de cerise, ou moins encore.
Mais le souvenir du Ciel me garde d'en conclure que c'est une stratégie pour se replier dans sa tour à l'heure des services.
Je ressens.
La lassitude de celui qui au terme d'une longue journée sans pause se souvient, et ne cède pas à la flemme du petit qui négocie âprement sa leçon de clarinette, préférant remettre à plus tard ce qu'il doit faire maintenant.
Dans les replis du quotidien, je devine l'Ennemi sournois qui rôde, le Découragement .
Pourtant, TOUJOURS et JAMAIS ne seront pas prononcés. Pas ce soir
Nos visages ne se fermeront pas et peut-être même arriverons nous à sourire de la Vie qui va. ici comme partout ailleurs .
Nous remonterons dans la grande roue plus sereins de ces orages évités et près pour toucher le ciel avec nos doigts en criant un peu parceque ça fait peur quand même si on regarde en bas quand on est au sommet de la course.
13 mars 2017
L'anniversaire à la plage
Elle n'a jamais aimé l'idée de grandir et de devenir raisonnable,
Elle déteste vieillir ,
Elle est terrifiée à l'idée qu'on la considère comme une personne âgée
Et pour elle, désormais, célébrer le temps qui passe devient juste douloureux.
Alors nous désirions vraiment passer avec elle ce cap qu'elle aurait voulu reculer de dix ans encore, sans pour autant lui imposer des festivités trop solennelles .
On s'est donc réunis, petits enfants, enfants et leurs valeurs ajoutées, autour d'elle .
Il ne faisait pas très beau, mais on n'avait pas besoin de soleil pour goûter à la joie d'être ensemble un moment.
On a joué, dévoré, chanté, marché, papoté et rigolé.
Et ça l'a aidée , un peu, à changer de dizaine.
Fêter ses 80 ans sur la plage, finalement, c'était une drôle de bonne idée .
Merci Bibi.
08 mars 2017
les lasagnes qui n'en n'étaient pas
Pendant les vacances, il y a eu cet article d'Au Petit Bonheur .
Elle, c'est une fille hyper organisée qui ne perd pas une minute , elle a plein d'enfants, elle travaille et pourtant elle arrive à bloguer régulièrement. J'ai envie de dire qu'elle est un modèle, mais de ce que je sais d'elle, elle détesterait cette image. Disons plutôt qu'elle m'aide à mieux réfléchir .
Son article m'a d'abord complétement découragée parce qu'en vrai, et malgré les apparences, JE NE SUIS PAS ORGANISEE .
Définitivement.
Et Si l'idée d'être capable de tout anticiper, programmer, ordonner me séduit follement , en vrai elle me glace aussi tant ça ne me ressemble pas.
Certes, j'ai réussi, un temps à faire mille choses et le reste, quand les enfants étaient tout petits et que je n'avais pas vraiment besoin de mon cerveau pour les éduquer.
Je veux dire par là que les biberons, les jeux, les couches, la pâtisserie , les devoirs de CE2 et les cartes pokémons ça ne m'a pas demandé trop de concentration ni d'attention , seulement Cinq paires de bras certains jours et beaucoup d'énergie... En revanche, les questions d'orientation, de bac, de portable, de réseaux sociaux, d'influences et j'en passe qui se posent désormais requièrent moins de bras et plus d'attention et de réflexion - mais à l'époque je ne m'en rendais pas compte, je me prenais pour une héroïne. Que j'étais. Je ne reviendrai en arrière pour rien au monde , et je suis follement admirative des mamans de grande famille d'enfants en bas âge. -
Bref, il me semble que plus les enfants grandissent et plus j'ai de mal à m'organisertout maîtriser et j'ai toujours l'impression de courir après je ne sais quoi ma toute puissance. Ce dont j'ai besoin aujourd'hui, plus que de temps ou de bras supplémentaires c'est du cerveau disponible et en état de marche. Croyez-moi, les ados ça consomme de la cervelle de parents.
Cet article donc, me donnait à la fois des clés et des sueurs froides .
J' ai naturellement commencé par chounier sur mon sort, l'âge, le manque de temps , les gènes que je n'ai pas. Mais ça ne m' a menée à rien d' autre qu'au regret. Je me suis, finalement, botté le derrière et les neurones et j'ai décidé de centrer mes efforts de carême sur cette question d'organisation, de zéro minutes perdues et de temps de cerveau retrouvé pour débroussailler le chemin de ce blog qui compte tant pour moi et qui me manque tant.
Le résultat c'est que dans les cinq minutes du jour, j'ai décidé de poster cette recette de lasagnes qui n'en sont pas - sauf que là, il ne me reste déjà plus que quatre minutes - je suis laaaaarge !
Or donc, dans ma nouvelle , je devrais dire re-nouvelle organisation, j'ai re-décidé de re-faire mes menus et mes courses à l'avance.
Hier nous devions donc manger des lasagnes, sauf que je n'avais ni la viande, ni la sauce tomate, ni les oignons , ni le gruyère ( puisque je vous dis que je ne suis pas génétiquement programmée pour une organisation en béton ) .
Mais j'avais les pâtes .
Et aussi du lait de coco, et de la julienne de légumes, des noix de cajou et un oeuf.
J'ai donc bricolé une béchamel avec le lait de coco et l'oeuf , pendant que mes deux kilos de julienne de légume décongelaient dans une poêle avec de l'huile d'olive de l'ail et du gingembre.
J'ai réparti le tout dans mon plat : une couche de pâtes, une couche de légumes, une poignée de noix de cajou, de la béchamel , une couche de pâtes, une couche de légumes ... je continue ou bien vous avez compris?
J'ai enfourné le tout le temps de réviser un contrôle d'histoire, et tout le monde s'est régalé non sans s'être au préalable étonné : " Ben , elles sont drôles tes lasagnes maman !"
Voilà une recette improvisée et rapide de fonds de placard que je vous partage et que je referai.

Elle, c'est une fille hyper organisée qui ne perd pas une minute , elle a plein d'enfants, elle travaille et pourtant elle arrive à bloguer régulièrement. J'ai envie de dire qu'elle est un modèle, mais de ce que je sais d'elle, elle détesterait cette image. Disons plutôt qu'elle m'aide à mieux réfléchir .
Son article m'a d'abord complétement découragée parce qu'en vrai, et malgré les apparences, JE NE SUIS PAS ORGANISEE .
Définitivement.
Et Si l'idée d'être capable de tout anticiper, programmer, ordonner me séduit follement , en vrai elle me glace aussi tant ça ne me ressemble pas.
Certes, j'ai réussi, un temps à faire mille choses et le reste, quand les enfants étaient tout petits et que je n'avais pas vraiment besoin de mon cerveau pour les éduquer.
Je veux dire par là que les biberons, les jeux, les couches, la pâtisserie , les devoirs de CE2 et les cartes pokémons ça ne m'a pas demandé trop de concentration ni d'attention , seulement Cinq paires de bras certains jours et beaucoup d'énergie... En revanche, les questions d'orientation, de bac, de portable, de réseaux sociaux, d'influences et j'en passe qui se posent désormais requièrent moins de bras et plus d'attention et de réflexion - mais à l'époque je ne m'en rendais pas compte, je me prenais pour une héroïne. Que j'étais. Je ne reviendrai en arrière pour rien au monde , et je suis follement admirative des mamans de grande famille d'enfants en bas âge. -
Bref, il me semble que plus les enfants grandissent et plus j'ai de mal à m'organiser
Cet article donc, me donnait à la fois des clés et des sueurs froides .
J' ai naturellement commencé par chounier sur mon sort, l'âge, le manque de temps , les gènes que je n'ai pas. Mais ça ne m' a menée à rien d' autre qu'au regret. Je me suis, finalement, botté le derrière et les neurones et j'ai décidé de centrer mes efforts de carême sur cette question d'organisation, de zéro minutes perdues et de temps de cerveau retrouvé pour débroussailler le chemin de ce blog qui compte tant pour moi et qui me manque tant.
Le résultat c'est que dans les cinq minutes du jour, j'ai décidé de poster cette recette de lasagnes qui n'en sont pas - sauf que là, il ne me reste déjà plus que quatre minutes - je suis laaaaarge !
Or donc, dans ma nouvelle , je devrais dire re-nouvelle organisation, j'ai re-décidé de re-faire mes menus et mes courses à l'avance.
Hier nous devions donc manger des lasagnes, sauf que je n'avais ni la viande, ni la sauce tomate, ni les oignons , ni le gruyère ( puisque je vous dis que je ne suis pas génétiquement programmée pour une organisation en béton ) .
Mais j'avais les pâtes .
Et aussi du lait de coco, et de la julienne de légumes, des noix de cajou et un oeuf.
J'ai donc bricolé une béchamel avec le lait de coco et l'oeuf , pendant que mes deux kilos de julienne de légume décongelaient dans une poêle avec de l'huile d'olive de l'ail et du gingembre.
J'ai réparti le tout dans mon plat : une couche de pâtes, une couche de légumes, une poignée de noix de cajou, de la béchamel , une couche de pâtes, une couche de légumes ... je continue ou bien vous avez compris?
J'ai enfourné le tout le temps de réviser un contrôle d'histoire, et tout le monde s'est régalé non sans s'être au préalable étonné : " Ben , elles sont drôles tes lasagnes maman !"
Voilà une recette improvisée et rapide de fonds de placard que je vous partage et que je referai.

Oui, bon, je n'ai jamais dit que c'était appétissant .
Édit: Et à l'heure qu'il est je corrige cet article assise sur la marché de la maison en attendant que mes fils rentrent car je suis sortie faire les courses de la semaine sans mes clés .
Tout est sous contrôle .
Édit: Et à l'heure qu'il est je corrige cet article assise sur la marché de la maison en attendant que mes fils rentrent car je suis sortie faire les courses de la semaine sans mes clés .
Tout est sous contrôle .
04 mars 2017
La recette d'un beau week-end d'Aout
Alphonsine m'avait demandé de faire ici un petit billet pour expliquer l'organisation de la fête ... Alors j'ai envie de dire en préambule que le coeur de la recette, est dans le dernier billet : L'ingrédient majeur pour que la sauce prenne, c'est une brassée de gens bienveillants, fidèles, gentils, drôles, dévoués et aimants pour vous entourer.
Le cadre, ça compte aussi. Dans notre cas, nous avions la chance immense d'avoir une sœur et un beau frère qui habitent encore plus en vacances que nous et qui ne sont pas avares de leur cadre . Ils ont mis à notre disposition leur champ, leur grange, leur maison, leurs bras ceux des enfants et aussi leur cœur grand comme ça! Merci à eux.
Naturellement, je n'ai eu le temps de photographier cette merveilleuse salle de bains de plein air. Cette tâche ayant été confiée aux ados ( la salle de bains, pas la photo) faut il préciser qu'elle a été prêté à temps . Juste à temps. T' inquiète, ils gèrent...
D'abord, il fallait faire connaissance : nous avions donné à chacun la photo d'une personne pas encore rencontrée . La mission était de trouver cette personne, lui demander son nom, bref engager la conversation pour en apprendre assez pour aller placer la photo au bon endroit sur le mur .
Ensuite, il fallait manger .
Pour nourrir tout ce monde, j'ai envie de dire que cinq pains et deux poissons ont fait l'affaire . Mais bon, on avait préféré prévoir un peu tout de même , au cas où . Du coup, chacun avait amené son pique nique le samedi midi, et le soir on avait cuisiné des gâteaux, beaucoup de gâteaux , vraiment beaucoup! Et monsieur Mapoule est venu avec son camion nous servir les poulets rôtis. Le lendemain, il restait trois poulets que nous avons emmenés en pique nique . C'était pas des poissons, n'empêche, on a eu du mal à les finir. On était encore une cinquantaine . Si.
Bon d'accord, une graaaande brassée.
Et puis, il y avait LUI, L'Ami, celui que dans notre incrédulité nous croyons inviter le premier alors qu'il est Celui qui devance chacune de nos invitations et nous précède sur le chemin.
On a chanté, prié , célébré.
Et pour prolonger la communion, ceux qui le désiraient nous ont confié une intention que nous prions en famille le soir. Concrètement, cela veut dire que toutes les intentions reçues sont dans notre boîte de prières, à chaque temps de prière familiale, nous en piochons une et nous la confions ainsi que la famille qui nous en a fait part. Quand la boîte est vide, nous recommençons.
Le cadre, ça compte aussi. Dans notre cas, nous avions la chance immense d'avoir une sœur et un beau frère qui habitent encore plus en vacances que nous et qui ne sont pas avares de leur cadre . Ils ont mis à notre disposition leur champ, leur grange, leur maison, leurs bras ceux des enfants et aussi leur cœur grand comme ça! Merci à eux.
Le troisième ingrédient de la réussite, c'est une flopée de scouts, neveux, sœurs et beaux frères. C'est qu'il faut bien changer le champ en terrain de camping : Un lot de palettes, une lunette de wc ou deux, un trou, une bâche, des perches , une auge, un tuyau d'arrosage, une scie , quelques clous, de la ficelle et surtout de l'imagination, de la jugeote, des biscotos et des jolies pancartes et le tour était joué. Bon, comme on n'a plus tout à fait 20 ans , on avait prévenu un peu avant, comme ça, ceux qui préféraient dormir en dur ont pu s'organiser pour réserver un gîte ou un hôtel.
Et quand tout ceci s'est trouvé réuni et mis en place, comment on a occupé le temps?
D'abord, il fallait faire connaissance : nous avions donné à chacun la photo d'une personne pas encore rencontrée . La mission était de trouver cette personne, lui demander son nom, bref engager la conversation pour en apprendre assez pour aller placer la photo au bon endroit sur le mur .
Ensuite, il fallait manger .
Pour nourrir tout ce monde, j'ai envie de dire que cinq pains et deux poissons ont fait l'affaire . Mais bon, on avait préféré prévoir un peu tout de même , au cas où . Du coup, chacun avait amené son pique nique le samedi midi, et le soir on avait cuisiné des gâteaux, beaucoup de gâteaux , vraiment beaucoup! Et monsieur Mapoule est venu avec son camion nous servir les poulets rôtis. Le lendemain, il restait trois poulets que nous avons emmenés en pique nique . C'était pas des poissons, n'empêche, on a eu du mal à les finir. On était encore une cinquantaine . Si.
Pour le reste, quelques ballons de foot, de rugby, de volley, un filet de badminton ont occupé les jeunes - et les anciens jeunes - une bonne partie de l'après midi. On a joué de la musique, et puis certains avaient préparé des surprises. Enfin, une bonne playlist élaborée à plusieurs voix - on avait mis dans le coup nos ados et nos plus jeunes soeurs de sorte à ce que chaque génération y trouve son compte- nous a tenus une bonne partie de la nuit. Ah, il y avait un feu de camp aussi, et des chamallows , je crois.
Et le lendemain, tout le monde était encore assez en forme pour un pique-nique au Benou.
Et le lendemain, tout le monde était encore assez en forme pour un pique-nique au Benou.
Voila, je crois que c'était simple et sans chichis.
Et c'était chouette.
Merci les amis,
et surtout, merci à Celui qui nous a réunis.
Et c'était chouette.
Merci les amis,
et surtout, merci à Celui qui nous a réunis.
01 mars 2017
Se souvenir des belles choses
Du temps où je faisais encore semblant de Blogger, j'avais fait ma bêcheuse des internets et pratiqué un odieux teaser quant à la préparation d'un joyeux événement sur la banquise délocalisée. sauf qu'après, je me suis fait enlever par des extra-terrestres et comme on ne pouvait pas payer la rançon, j'ai du travailler dans leurs mines de sel pour racheter ma liberté. Je me suis cassé un ongle et la convalescence a duré longtemps parce que ça cicatrisait mal. Les extra- terrestres étaient énervés alors ils m'ont vendue à des marchands intergalactiques. Du coup c'était compliqué pour retrouver ma trace , et le papa des Pingouins a du lever une armée pour me récupérer .
Comme tout cela m'a donné beaucoup d'émotions, à la fin, je n'avais plus la force de raconter .
Mais tout est rentré dans l'ordre à présent, et le temps gris d'aujourd'hui - oui parfois il fait très très moche en Béarn - la douceur des vacances à la maison aussi m'ont incitée à me plonger dans les photos de cet été et à revenir un peu par ici. - Oui, bon, en vrai j'ai aussi plein de travail à faire ( non madame, je ne procrastine pas, je prends des forces pour mieux m'y mettre demain) -
Bref, je me dis qu'il ne faut pas oublier ces trois jours d'août et qu'il est plus que temps de poser ici les mots qui nous aideront à goûter de nouveau, autant de fois que nous lirons ces lignes, au bonheur simple et vrai qu'il nous a été offert de vivre à ce moment là.
Mais voilà, comment mettre en mots ces trois journées hors du temps ?
C'est impossible , comme souvent ... Chacun avait, dès le mois de janvier, programmé dans ses vacances d'été un passage dans les Pyrénées . Déjà, à ce stade on était tout chose . On sait bien qu'ils sont un peu fous tous - faut être un peu fou pour nous supporter- on sait bien qu'ils nous aiment, mais voilà qu'ils décidaient de traverser la France pour les vacances ou de bousculer leurs programmes juste pour être avec nous, parce qu'ils croient en nous et que fêter notre amour cela avait du sens pour eux. Nous on était tout chose parce qu'on sait bien ce qu'on doit à chacun : le jour de notre mariage on s'était dit que toutes ces montagnes déplacées, ces kilomètres parcourus, ce temps donné ça nous faisait un sacré balluchon pour tenir la route. Tout le monde y croyait à notre aventure.
Et voilà qu'au bout de 20 ans on serait encore plus nombreux !!!
Ce week-end d'anniversaire promettait de recharger nos batteries pour les 20 années suivantes ! - mais si, on fera 25, puis 30 , puis 35 entre deux - et même 22,5 . Toutes les occasions sont bonnes pour faire des fêtes sur la banquise . À Pau ou ailleurs. - mais c'est une autre histoire.
Difficile de dire avec des mots les milliers de kilomètres parcourus, la chaleur des retrouvailles , la simplicité des échanges, la ferveur du temps d'action de grâce, la joie d'être ensemble. Il y avait ceux qu'on avait quitté hier pour de vrai, ceux qu'on avait laissés là-haut l'été d'avant, notre cœur en miettes et qu'on n'avait pas revu depuis un an, ceux qui ont marché avec nous dans les déserts que nous avons traversés, ceux qui ont emprunté la route de chaque jour, ceux qui nous avaient écrit, ceux qu'on avait appelés, ceux qu'on n'avait pas revu depuis si longtemps et qu'on n'avait pas oubliés et ceux qui ne pouvaient pas être là mais qu'on avait dans notre cœur ... Personne n'avait changé. Tout au plus, quelques rides au coin des yeux témoignaient des sourires échangés toutes ces années, quelques fils argentés dans cheveux disaient les obstacles surmontés.
Difficile de dire avec des mots ll'énergie qui nous a tenus sur la piste de danse jusqu'à l'aube, les " tu n'as pas changé" ; " mais qu'on est bien ici"; " quelle joie que vous ayez pu venir!" ; " comment vont les un tel? " ; "on apporte dans nos bagages les pensées et les prières de tout là haut ".
Impossible de raconter la musique , les sketches, les discours , les chansons sans en oublier .
Comment traduire sans trahir l'amitié, l' amour, la joie, la confiance échangées ce jour là?
Je regarde les photos , et je vois tout cela inscrit dans les sourires , le ciel pur et la lumiere.
Ca a commencé bien avant que tout le monde arrive. Les préparatifs, c'est presque le meilleur moment , celui où on goûte le mieux ce qui est encore à venir.
Et puis tout le monde est arrivé, on a piqué niqué, joué, parlé. On s'est amusés à regarder les photos pour retrouver qui est qui. On a mangé encre un peu, puis parlé , puis joué, puis admiré les spectacles, puis parlé encore un peu. Et dansé jusqu'au bout de la nuit.
Et on était tellement bien tous ensemble que le lendemain, on est allés parler encore un peu, finir les restes de bière et de poulet au plateau du Benou, marcher et glander aussi un peu.
Voilà , on a profité de ce week-end jusqu'à la dernière miette.
Et à chaque fois qu'on y pense, on sent notre cœur qui se gonfle de joie, on sourit probablement un peu bêtement, et on se dit :" mais qu'est ce que c'était bien! "
Merci nos parents, nos sœurs, nos beaufs, nos neveux, nos nièces, nos oncles, nos tantes, nos cousins, nos amis .
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